Extraits de l'intervention du Président Jean-Luc DARTIGUENAVE :
« - Dans un premier temps, le marché doit s’assainir ce qui sous-entend une baisse des volumes produits, mais sans pénaliser les entreprises qui fonctionnent bien par leur respect de la qualité et leur développement commercial – fruit du travail de nombreuses années. Les nouvelles réformes en cours devraient conduire tout le monde à une obligation de résultat par une production adaptée.
- Ensuite, l’offre doit être restructurée : aujourd’hui nos atouts sont notre notoriété malgré tout, notre terroir, notre climat et notre savoir-faire. Alors profitons-en et n’en restons pas là, l’essentiel étant de donner du plaisir à nos clients :
Les projets de nouveaux décrets d’AOC avec, entre autres, la notion de cépage ainsi que des nouvelles techniques œnologiques sont une des réponses pour concevoir des vins qui collent mieux au marché. Bien évidemment, il serait logique de cloisonner les vins de châteaux avec leurs typicités et les vins de marque avec leurs nouveaux procédés.
Les Vins de Pays de l’Atlantique sont en phase terminale de création. Vous pouvez y adhérer dès aujourd’hui et peut être voir là une opportunité de réagir face aux vins du Nouveau Monde car leurs conditions de production nous mettent presque à égalité. Mais en aucun cas ces Vins de Pays doivent être considérés comme un dépotoir de nos AOC au risque d’être confronté à une autre voie sans issue.
- Egalement, nous devons relancer une vraie promotion de nos produits : il nous faut abolir l’image des vins de Bordeaux toujours trop chers ; héritage de nos grands crus classés, qui restent une bonne locomotive pour la notoriété mais une catastrophe pour la vision tarifaire.
Le CIVB, organisateur de notre communication, doit être plus proche du terrain et du consommateur, mais aussi plus proche des vignerons en les accompagnant dans leurs démarches collectives de metteurs en marché. Une offre qui aujourd’hui est uniquement réservée au négoce ou aux grosses structures.
En tout état de cause, la crise est bien présente mais les Vignerons Indépendants ne baissent pas les bras. De nouvelles initiatives verront le jour en 2006. A nous de persister et de nous développer dans notre position de metteur en marché direct. Car il existe toujours des marchés de niche, même au niveau mondial, avec des amateurs de vin qui cherchent l’authenticité.
C’est bien là notre métier et nous le défendrons grâce à notre cohésion et notre esprit constructif. »
Au terme de l’Assemblée Générale, une réunion publique a développé les thèmes suivants :
« La qualité : ce qui va permettre à une entreprise de devenir plus performante – les bonnes pratiques du Vigneron Indépendant »
Intervenants : Monsieur Gérard LAURENT, Président National de la Commission Qualité Environnement Sécurité des Vignerons Indépendants de France et Monsieur Christophe CHEVRE, Directeur de l’ANFOVI.
La démarche qualité environnement des Vignerons Indépendants mise en place sur le plan national depuis 1998 compte aujourd’hui 70 exploitations certifiées et 30 exploitations en cours de certification dont 16 en Aquitaine. La nouvelle démarche du référentiel est essentiellement basée sur les trois axes propres au métier de Vigneron Indépendant :
- organisation de la commercialisation
- hygiène
- traçabilité
L’essentiel est basé sur une formation faite en groupe au sein des Fédérations. Le départ est basé un auto-diagnostique en 140 points sur lesquels il faut obtenir 80% des réponses positives pour acquérir la qualification Vigneron Indépendant de France. Une marque collective viendra justifier des bonnes pratiques du Vigneron Indépendant de France.
Ensuite, le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, Jacques BERTRAND, s’est exprimé notamment sur les plans de distillation dont l’utilité n’a pas été comprise par les vignerons, les rendements 2005 qui sont source de mécontentement et, enfin, les plans d’arrachage qui s’avèrent, d’après lui, ne pas être une solution. En revanche, d’après Jacques Bertrand, c’est la performance du vigneron qui lui ouvrira des parts de marché.
Il dénonce par ailleurs le manque de négoce « fort » pour absorber les marchés à l’export. Il déplore également l’augmentation de lots « moyens » au détriment de la qualité. Pour terminer, le Président de la FGVB encourage les jeunes à s’investir car ils sont l’avenir du secteur viticole. Il insiste également sur l’importance du tourisme vitivinicole en matière de développement commercial des vins.
Frédéric JULIA, Consultant commercialisation marchés GD et Export de la Sté VERTUMNE International, a complété l’intervention par un exposé sur le marché actuel et les options possibles à envisager pour évoluer dans ce marché difficile.
Quelques points essentiels de son intervention que les vignerons auront retenus :
- « il est impératif de dégager plus de temps pour organiser sa commercialisation en sous traitant le reste de son activité ;
- il est important de vendre son vin mais il est tout aussi important de vendre du service afin de fidéliser ses clients ;
- il est indispensable de faire évoluer son packaging ;… »
Cette réunion publique aura permis aux vignerons présents d’exprimer leurs soucis, leurs inquiétudes, leur mécontentement parfois, voire même leurs revendications lors d’un débat ouvert auquel ont répondu le Président du CIVB et le Président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux ainsi que le Président des Chambres de Commerce et le Sénateur Gérard César.
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