En effet, les chercheurs prédisent que vers 2010, la consommation mondiale dépassera le cap de 20,795 millions d'hl. Un record absolu dans l'histoire des vins rosés. A propos, qui a dit que le rosé n'est pas vraiment du vin ?
Par: Alain Bloeykens
La renaissance du rosé ne date pas d'aujourd'hui. Au milieu des années ’90 il était détesté par beaucoup et en 2007, le rosé devient une véritable mode. La thèse selon laquelle le rosé était choisi au restaurant car "madame n'aime pas le vin rouge et monsieur n'aime pas le blanc" est heureusement révoquée depuis longtemps. Pourtant, les producteurs de rosé ont vécu des années moins roses au milieu des années ’90. Le consommateur les a abandonnés, essentiellement suite à l'arrivée sur le marché d'énormément de produits de mauvaise qualité. Mais grâce à l'énorme progrès sur le plan œnologique et à la volonté des producteurs pour produire une véritable qualité, nous constatons depuis le début de ce siècle une augmentation sensible de l'intérêt c hez les consommateurs.
Suivant ses traditions, Vinexpo a demandé au bureau d'études britannique IWSR d'analyser le marché en détail et d'en déduire quelques prévisions marquantes.
Un des faits les plus importants est l'intérêt croissant pour le rosé. Ce renouveau se dégage déjà nettement au cours de la période 2001-2005. La consommation mondiale du rosé a augmenté, au cours de ces années, de 18,772 millions d'hl à 19,493 millions d'hl, un gain net de 3,84% après de nombreuses années de régression. Et cette tendance positive se confirme. Entre 2005 et 2010, on devrait enregistrer un gain de 6,68% (presque le double par rapport à la période 2001-2005) pour arriver à 20,795 millions d'hl.
Tableau 1:
Consommation mondiale du vin par couleur (en millions d'hl)
2001 2005 2010 Evolution 2005-2010
Rosé 18,772 19,493 20,795 +6,68%
Blanc 86,310 86,022 86,492 +0,546%
Rouge 98,96 106,362 113,923 +7,11%
Source : Vinexpo/IWSR 2007-05-22
Notre pays fait encore mieux : fin 2005, plus de 10% des ventes totales du vin était du rosé et en 2010, on devrait atteindre les 15%. Cette évolution est encore plus prononcée aux Pays-Bas : en 2006, la consommation du vin rosé a fait un bond spectaculaire de 25%!
Pas uniquement en été
“Le temps où le rosé n'était bu qu'en été et/ou les jours chauds est révolu depuis longtemps" confie Patrick Vandenbogaerde, Buying Director chez Delhaize. “Nous constatons qu'aujourd'hui, nous vendons du rosé quasiment toute l'année. Des pics existent encore les jours estivaux, mais ils sont nettement moins prononcés qu'il y a seulement quelques années”. L'explication est claire, selon M. Vandenbogaerde. “Non seulement l'offre est devenue plus large, car à l'heure actuelle, pratiquement tous les pays ou toutes les régions proposent un rosé, ce qui offre de un grand choix au consommateur, mais on note une amélioration indéniable de la qualité, qui s'est fortement renforcée au cours des dernières années. Le rosé n'est plus un vin de moindre qualité!”
Les chiffres de Vinexpo en sont une autre preuve. Le client accepte facilement de payer un peu plus pour le rosé. Le bon marché est dépassé. On constate une augmentation nette de la vente dans la gamme de prix entre 4 en 8€. Elle est même double par rapport aux rosés de moins de 4 euro.
Merci à la jeunesse
Une autre explication pour la croissance du marché du vin rosé est l'intérêt manifesté par les jeunes. Notre enquête exclusive “le vin au restaurant – octobre 2006 à l'occasion du salon du vin Megavino” le confirme. Le rosé occupe une excellente place dans la catégorie ‘brasserie’ et ‘bars à vin’ dont le public est principalement constitué de jeunes. Les 'bars à vin' sont les grands gagnants, car une vente sur 3 est une bouteille de rosé. Marc De Vleeshauwer du bar à vin à la mode "Vino Vini" déclare: “Avant, les jeunes choisissaient une bouteille de rosé pour le repas pour des raisons de facilité, ne sachant que choisir. Actuellement, il s'agit d'un choix plus conscient. Non seulement au repas, mais également comme apéritif au bar ou, simplement, lors de leurs sorties”. Selon M De Vleeshauwer, la couleur est la clef du succès. Le rosé est actuellement synonyme d'élégance, de mode et de modernité. Parfois, j'ai l'impression que les jeunes choisissent le rosé pour se distinguer…”
Les chiffres de Vinexpo confirment également la percée du rosé auprès des jeunes. L'étude réalisée auprès des jeunes adultes entre 20 en 25 ans montre que ceux-ci apprécient surtout les "vins frais, fruités, faciles à boire, de préférence même avec une petite note sucrée”. Les vins rosés modernes répondent justement à ce souhait. De plus, les jeunes achètent du vin pour le boire rapidement. Les producteurs de rosé marquent également un point ici. Mise en bouteille jeune, commercialisation jeune, achat et consommation de vin jeune!
La France est toujours numéro un
Reste la question : quel est le rosé préféré des belges ?. Peu de surprises… quoique. La France garde sa position dominante sur le marché, plus de 7 bouteilles de rosé vendues sur 10 viennent de nos voisins du Sud. Détail marquant: La Provence renforce encore sa position, car de tous les vins rosés français vendus, 74% viennent de cette région. Le Languedoc-Roussillon occupe la deuxième place (avec une grande proportion du rosé du pays d’Oc) en la Loire occupe une belle troisième place (dû au nouvel intérêt pour le Cabernet d’Anjou ?). Ensuite, on trouve, dans l'ordre: la région de Bordeaux et les vins du Rhône.
Après la France, les acteurs les plus importants du marché sont plus proches. L'Espagne est deuxième, suivie de près par les pays suivants : le Chili, l'Afrique du Sud et l'Australie. De manière surprenante, l'Italie ne se trouve qu'en sixième position.
Notre dégustation : Plus de 100 rosés sur la table de dégustation!
Exceptionnellement, la dégustation à thème bimestrielle de VINO Magazine formait un ensemble coloré et varié d'un grand nombre de pays et de régions, de styles variés et d'une superbe gamme (rosée) de nuances. Il est bien entendu que, comme à chaque fois, tous les vins ont été dégustés à l'aveugle et l'avis des membres de notre jury était unanime: la remarquable évolution de la qualité et la large diversification de la gamme des rosés. Aucun défaut (à deux exceptions près) n'a été détecté et le niveau général était étonnamment élevé.
Ci-dessous notre sélection de vins *** (excellents), ** (très bons) et * (bons).
Contact Vino Magazine : murielle.tissot@vinopres.com
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